4 kilos de pâte à pain

Publié le par Les Giboulées de la Marionnette

Il était là, avec moi.

Il était là lorsque je suis allé voir l’Enfer.

Je l’ai vu, sous la table cherchant à manger un petit bout de pâte à pain. Il ne m’a pas lâché de toute la soirée.

Il disait : Es-tu certain d’avoir choisi la bonne place ? D’avoir le bon angle de vue ? Ne crois-tu pas qu’Archibald aurait été un meilleur spectateur ?

Et moi je lui répondais : Non tu as tort, laisse moi faire mon travail, c’est moi qui tiens les rênes ce soir. Pour un moment, il faut que tu te fasses discret.

Bien qu’il ne dit plus un mot ensuite, il continua à sauter sur la scène pour essayer d’approcher les différents personnages que Babette Masson créait dans son pétrin. Il jouait avec la farine, la soufflant le plus loin possible pour qu’elle recouvre la table toute entière et qu’ainsi la pâte ne colle pas. Il s’amusait comme un petit fou ! Cela ne me plaisait pas vraiment, mais je n’avais plus aucun contrôle sur lui. Il n’en faisait qu’à sa tête et moi, j’étais cloué dans mon siège, ne sachant plus quoi faire.

Je vis cependant son regard changer lorsqu’elle sorti le couteau. C’est sûr qu’un personnage de papier aussi fragile que lui ne résisterait pas longtemps à la lame aiguisée de cet outil ! Un seul faux pas et… scratch! Un bout de mon double fou en moins.

Babette maniait le couteau à merveille, découpant, sculptant, trouant la pâte de toute son énergie. On ne pouvait plus l’arrêter ! Il fallait juste attendre qu’elle se sente mieux.  Et quand ce fut le cas, elle alla chercher un bout de chocolat. Mmmm une pâtisserie croustillante sortant du four ! Tout pour plaire à Herbert.

Plus de pâte, fin du spectacle.

Quand je sorti de la salle, il n’était plus là. Le calme était revenu, mais le plateau de gourmandise avait disparu.

Schizophrène moi ?

Groupe2

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