Et il me mangea - 240 secondes avec Charlot Lemoine

Publié le par Les Giboulées de la Marionnette

 

Notre Ciwei a pris son courage à deux pattes et il est allé timidement poser quelques questions au comédien Charlot Lemoine après avoir été bougrement impressionné par l’histoire du Loup et du Lapin du spectacle  Et il me mangea. Voici le résultat :

 

Notre cher Ciwei est donc allé flâner dimanche dernier, discrètement, le long des quais, trouver la chaleur, trouver peut être l’inspiration. Il a tourné dans la rue du Hohwald et a trouvé une grande porte, ouverte et colorée. Il s’est faufilé derrière les grands rideaux noirs, parmis ces objets qui n’attendaient plus que d’être animés par Charlot Lemoine et Tania Castaing et par nos imaginaires. C’est en haut des fauteuils rouges qu’il a trouvé Charlot, serein et inspiré. C’est au-dessus des bruits de fer et des câbles tirés qu’ils ont conversé.

Charlot lui a raconté de belles histoires. Des histoires d’évidences et sans idées préconcues. Des histoires des années 70. Des histoires d’absence et des histoires de rue. Et le temps que l’on dilate, ce temps qui est cher à Charlot, assis sur une marche ou sur un bateau. Des histoires d’amour, artistique, avec Tania. Et cela dure, dure depuis trente ans déjà.  Car au sortir des Beaux-Arts c’est la rue qui l’a intrigué. Les rues de Montmartre. La rue et son immédiateté, la rue et ses relatifs dangers. La rue avant qu’elle ne soit balisée, structurée en autorisations et en festivals.  Et puis il a cherché à transférer sur scène les qualités de la rue. De cette idée est né, en 1981, la compagnie du Vélo Théâtre.

Il a raconté à Ciwei comme les carolomacériens l’associaient de suite à la marionette et comme lui n’était pas tout à fait d’accord. Alors lui et Tania ont posé un nom, ont trouvé une appelation pour éviter la définition. Non pas pour guider la lecture mais pour tenter d’indiquer la nature de ce qu’ils essayaient de développer. Ainsi est né le théâtre d’objets. Trente ans après, le vocable a peut être changé mais l’innoncence est continuellement développé et  l’obsession reste intacte. Le plaisir aussi. Le plaisir, surtout.

Et il me mangea est né d’une petite maison posée sur un plateau, d’improvisations et de réactions en chaines.  La figure du loup, la menace, s’est très vite mise à  tourner tout autour.  Et puis à côté le lapin, celui d’Alice. Et entre, une seule figure pour l’évoquer, elle ou le petit chaperon rouge. Une figure lente et un peu courbée, un figure alourdie par son vécu et pourtant si fraiche. Cette femme pour laquelle loup fantasque et lapin malicieux, sont en compétion. Quoique gentlemen, ils se piègent, ils se chamaillent et se querellent.  Et au-delà de toutes ces images et émotions, cette ambiguité : aimer au point de dévorer.

Notre cher Ciwei s’est lui aussi trouvé ému par cette figure qui lui a rappelé quelqu’un. Et lui aussi a presque eu envie de monter sur ce plateau et de se retrouver au milieu de ces deux animaux et prouver son amour et prouver sa bravoure. 


  Groupe4     

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