Là-Où je vais...

Publié le par Les Giboulées de la Marionnette

A l’occasion des Giboulées de la marionnette, moi, Herbert, cousin de papier, curieux spectateur et esthète incontesté, suis parti à la rencontre du parcours Là-où et de l'un des membres de ce collectif à trois têtes, Renaud Herbin. Retranscription de quelques bouchées de ce face-à-face convivial et chaleureux.


Pygmalion-Miniature 0362

" Bonjour Renaud Herbin !
Parlez moi donc du parcours Là-Où.

Il est question de deux représentations qui ont leur autonomie.
Un vrai travail sur la notion de cycle, sur une préoccupation... Un sujet qui nous intéresse peut prendre le temps de s'inscrire dans la durée, les espaces, un territoire avec ses habitants,... et aussi plusieurs formes spectaculaires.

Des Nouvelles des vieilles est un solo de 25 minutes où Julika Mayer est en corps à corps avec la marionnette d'une femme agée. Son travail se concentre sur des rencontres de femmes, françaises ou étrangères, qu'elle interroge sur leur âge, leur féminité, sur la question de leur rapport aux espaces de vie. Elle soulève parallèlement la question du Heimat (patrie, lieu d'origine). Allemande vivant en France depuis une quinzaine d'années, c'est évidement un sujet qui l'interpelle.
Le travail sonore est très fort. Les découpages, montages et compositions du musicien Morgan renforcent cette rencontre singulière où Julika donne un souffle, un regard, la vie à cette marionnette inspirée de la sculpture.
Si l'on doit stipuler une histoire, il est indéniable que l'on évoque l'histoire qui la lie à la marionnette, rien de plus, rien de moins.

Pygmalion, c'est le récit de la première métamorphose, celle de la pierre qui s'incarne dans la chair. Ce format court conte le fantasme de tout marionnettiste, celui de voir s'animer sa création. Il y a alors quelque chose qui se passe, inexplicable, échappant à toute rationalité.
C'est un travail sur la définition même de la marionnette.
Je crée une mise en abime, un parallèle. J'ai fait de Pygmalion une marionnette et j'emboite ainsi le regard du marionnettiste sur sa marionnette Pygmalion, et de Pygmalion sur sa sculpture.

Pourquoi avoir fait le choix du MAMC ?

Avoir la possibilité de s'appuyer sur des espaces forts, dessinés et architecturés est l'une des particularité de Julika... Elle joue avec la frontière de la représentation.
Le musée d'art moderne accueillant des marionnettes contemporaines, me paraissait intéressant.
On est dans l'ordre d'une écriture de mise en exposition d'une sculpture dans l'espace. Inaugurer mon arrivée sur Strasbourg avec une création au MAMC est une jolie expérience et permet de rendre compte d'un beau partenariat qui existe depuis des années avec le TJP.

Pour terminer, un petit mot pour l’ouverture des Giboulées ?

Je suis ravi ! C’est un festival, donc un temps particulier. Et celui là est doublement particulier, car c’est celui du moment charnière entre les deux directions. Mais c’est avant tout un festival festif, rassembleur, durant lequel beaucoup d’énergie gravite autour du TJP. C’est agréable pour un lieu de sentir que les choses se mettent en place et s’articulent pour un public, avec des artistes. C’est un peu ça, les Giboulées ! "


Un grand merci pour cet accueil, Renaud Herbin !

Et à dimanche au MAMCS, les amis!

Publié dans Coulisses

Commenter cet article