L'envol - 132 secondes avec Eve Ledig et Christine Kolmer

Publié le par Les Giboulées de la Marionnette

Notre cher Ciwei a réussi à se faufiler avec brio entre les kalimbas et les fauteuils rouges, parmi les draps blancs et les cages vides de la petite scène du TJP. Deux femmes, calmes, bien installées, l’attendaient.

Christine Kolmer, fondatrice de la compagnie Les imaginoires, a approchée  Eve Ledig, metteur en scène, en lui proposant son idée (tout à fait) originale. Marionnettiste, elle a l’habitude d’être seule au plateau.  Et cette fois c’est son propre corps qui est en jeu, le sien et celui de deux autres femmes aux énergies et aux physiques différents. La comédienne Anne-sophie Diet, avec qui elle avait collaboré précédemment  et la musicienne Elodie Peudepiece, accompagnée de son violoncelle rassurant.  Trois femmes qui portent, autant que les objets eux-même, le désir insatiable de voler.

L’Envol est parti d’une fable tombée dans l'oreille, a traversé des nuages d’oiseaux pour finalement se poser sur cette cage sous le regard bienveillant d’Eve Ledig. Alors l’idée s’est transformée, doucement, en dehors et au-dedans de ces femmes. Et lorsque l’objet de la cage est survenu,  il est alors devenu intéressant de se concentrer exclusivement sur lui car justement il n’y avait pas d’oiseaux. Car il y avait du vide, du manque. Il n’était plus nécessaire de les fabriquer mais, précisément,  de les faire exister. Par la manipulation et nos imaginaires, qu’ils naissent et disparaissent sous nos yeux.

« Le désir de partir ne va pas sans le désir de rester. C’est contradictoire mais c’est de cela que nous sommes faits » dit Eve Ledig. Du familier à l’inconnu, de la sécurité au renoncement. Entre ce qui nous emprisonne et ce qui nous préserve. On a souvent peur de prendre son élan mais l’important est d’en avoir au moins le choix.

L’envol : avoir la capacité de le rêver.

Après ces doux mots échangés, notre cher Ciwei, d'ordinaire un peu bougon, s’est retrouvé là pensif et léger. S'est surpris même à rêver qu’un jour, sous sa cape, il lui pousserait des ailes, et qui sait, si l'envie lui en prend, qu’il pourrait s’envoler.

 
Groupe4
Découvrez L'envol le vendredi 23 Mars à 14h30 et à 19h - TJP Petite scène

Publié dans Coulisses

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